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Allez c’est reparti. L’information est tombée durant les fêtes, le télétravail redevient la norme.

Et si cette annonce a laissé certains d’entre vous indifférents, pour d’autres, elle a, un peu, gâché le plaisir.

Et je ne vais pas vous blâmer.

J’en connais qui vous diraient « bof, on est habitués maintenant ».

Oui, mais quelque chose que l’on vit mal est-il plus facile à gérer parce qu’on y est habitué ? (je propose ce sujet pour le bac philo 2022 !)

Pas forcément, malheureusement.

Alors bien sûr, si vous êtes mal à l’aise avec le fait que vos équipes télétravaillent, il y a des éléments objectifs et partagés pour l’expliquer. Ce n’est pas parce que certains le vivent mieux que d’autres que le télétravail ne pose aucune difficulté réelle :

  • une perte de contact humain, de convivialité, du plaisir de partager un café.
  • des limites techniques : problématiques de connexion, difficulté à percevoir l’état d’esprit de ses collaborateurs à travers un écran, manque de fluidité du relationnel
  • parfois des postes qui s’y prêtent mal tout simplement. Ou des personnes qui ont du mal avec ce fonctionnement. Ou qui ne vivent pas très bien la contrainte inhérente au contexte.

Mais si au-delà de ces raisons vous le vivez mal, en tant que coach, j’aurais envie de vous demander en quoi c’est un problème pour vous ? Et plus précisément où est-ce que ça vient vous chercher ?

 

La confiance ? Le contrôle ? L’autorité ? Un peu de tout ça ?

Quand quelque chose nous dérange, la première étape est de comprendre en quoi cela nous pose réellement problème à nous et quelles sont les peurs qui se cachent derrière :

  • Vous avez peur que vos salariés ne respectent plus leurs horaires de travail : en quoi le télétravail conduirait des personnes qui jusque-là les respectaient à ne plus le faire ?
  • Vous avez du mal à évaluer le travail de vos salariés à distance ? Comment faisiez-vous en présentiel ?
  • Vous pensez que des salariés en télétravail vont forcément passer plus de temps sur leur canapé qu’à travailler ? Est-ce qu’ils n’auront plus de travail à faire ?

 

Selon votre situation, j’aimerais vous proposer deux pistes de réflexion :

🌱 option 1 :  vous aviez confiance en vos équipes en présentiel et le télétravail vous amène à douter

Dans ce cas il serait intéressant de comprendre ce qui se joue pour vous entre la confiance et le contrôle.

Quelle était votre façon de contrôler le travail en présentiel ?

La proximité physique vous aidait-elle vraiment ou bien était-ce une façon de vous rassurer ?

Aviez-vous réellement confiance en vos collaborateurs ? Et si non, pourquoi ?

Et au-delà de cela, la situation ne pourrait-elle pas être l’opportunité de vous poser les bonnes questions sur les objectifs que vous fixez à vos équipes ?

Avez-vous besoin de voir vos salariés pour être sûr.e qu’ils travaillent ?

Ou bien pourriez-vous identifier des objectifs de travail, quotidiens, hebdomadaires, mensuels, qui pourraient faire l’objet d’un reporting (quelle qu’en soit la forme) et ainsi vous confirmer que la personne a bel et bien travaillé comme son poste le prévoit ?

Vous seule.e pouvez le dire.

 

🌱 option 2 : vous n’aviez déjà pas confiance en vos équipes et le problème n’est pas vraiment le télétravail

Certains d’entre nous sont profondément convaincus qu’on ne peut pas faire confiance à l’être humain en général et au salarié en particulier.

Que celui-ci est fondamentalement paresseux et cherchera toujours à en faire le moins possible.

C’est quelque chose qui peut venir de votre éducation, de vos premières expériences professionnelles, de la façon dont vous avez été formé.e.

C’est aussi quelque chose de très culturel et en ce sens profondément français (attention en France le flemmard c’est l’autre, jamais nous !).

Si je dois être complètement franche, je me dis que votre rôle de manager doit être invivable avec cette vision des choses. Parce qu’elle implique une méfiance et un surcontrôle permanents.

Si je me fie à mes connaissances théoriques je dirais que ce n’est pas vérifié par les études, qu’elles soient réalisées par des sociologues, des économistes et des psychologues.

Ou en tout cas que c’est une vision assez limitée.

D’autant que si vous êtes profondément persuadé.e que la personne que vous avez en face de vous va chercher à vous arnaquer, les biais et effets psychologiques font que c’est certainement ce qui finit par se passer en réalité.

Dans votre cas, je trouve intéressant de vous interroger pour aller au-delà de cette vision des choses.

Que se passerait-il si vous lâchiez un peu ? Si vous faisiez confiance ?

Pas en passant du tout au rien. Sinon je peux vous garantir que vos salariés seront tellement désorientés qu’ils risquent de dériver vers des travers inédits.

Non, lâcher mais en contrôlant régulièrement, faire confiance, responsabiliser, et voir comment ça se passe.

 

Enfin pour terminer, j’aimerais vous poser une dernière question qui vaut autant pour le présentiel que pour le télétravail : que mettez-vous en place concrètement pour que cela fonctionne ?

  • Pour transmettre vos consignes
  • Pour contrôler le travail
  • Pour maintenir le lien humain

Et comment partagez-vous tout ça avec vos équipes ?